Personnellement, je ne connaissais pas Andreas Eschbach avant de lire "En panne sèche", qu’il me pardonne, parce que du coup, je suis parti pour lire tous ses autres ouvrages.
Voyons, imaginons un monde dont l’économie est basée uniquement sur le pétrole, comme le notre par exemple. Et si demain, un des puits principaux d’Arabie saoudite qui régule la quantité mondiale de brut ne donnait plus rien ? Que donnerait notre société ?
Ce roman est incroyable, on ne peut pas s’en détacher et la part importante de réalisme n’en est que plus déroutante.
Voilà rapidement le scénario au sein duquel va se retrouver pris un personnage plein d’ambition, éblouis pas le rêve américain, doté d’une chance et d’un culot à toute épreuve. Markus, archétype de la réussite financière de notre époque, accède à la réussite sociale en un rien de temps selon un adage boursier : sans mon idée, sans mon argent. Sa rencontre avec un génie, découvreur de pétrole dans les endroits les plus improbables, le mènera pourtant à bien des surprises.
La vie des personnages secondaires que sont son frère et sa soeur parsème le livre donnant à l’évènement principal (la fin probable du pétrole) un retentissement international et local. La soeur mariée à un cadre de l’industrie automobile ouvre une épicerie coopérative de proximité dans un village déserté, sans le réel soutien de sa famille, pourtant l’avenir semble lui donner raison. Le frère inventeur d’un système génial de panneau photovoltaïque de nouvelle génération va rencontrer bientôt un personnage inattendu. Il y a aussi l’agent de la CIA vieux routard doté d’une grande conscience du monde contemporain et la copine fille d’un magnat asiatique.
Retours sur le passé, histoire, fonctionnement des puits de pétrole, le réalisme d’"En panne sèche" est troublant. L’auteur se joue de notre monde et de ses personnages pour nous apprendre de façon extrêmement passionnante des réalités géopolitiques qui régissent la planète. Et le peu de vue à long terme des dirigeants planétaires et surtout des gens en général, persuadés que tout va continuer quand même.
L’on ne peut que s’imaginer la détresse de notre monde d’aujourd’hui et le passage à toute une nouvelle forme de vie avec ses excès et ses bienfaits, forcés que nous serions de changer des comportements alors que personne ne s’y est préparé.
Andreas Eschbach ne livre que très peu de choses du monde qu’il pourrait y avoir, après. Il nous laisse l’imaginer derrière la vie bousculée de ses personnages.
La fin, plutôt ouverte, ne nous rassure pas pour autant, mais franchement est-ce pour être sûr que tout va rester en l’état que nous lisons des livres ?
En panne sèche
Andreas Eschbach
Editions L’atalante
janvier 2009
25.50€
Traduit par : Frédéric Weinmann
Collection : Insomniaques et ferroviaires